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1626, le gant & l'Epée

Paris & la France vers 1626  I.  II.  III.  IV.  V.  VI.

V. Les cultes religieux

1. L'Eglise catholique

C'est un culte d'Etat : la monarchie vit en osmose avec l'Eglise catholique, qui sacre les rois depuis 1000 ans. Depuis le concordat de Bologne en 1516, le roi désigne lui-même les évêques et abbés, et s'assure ainsi de la fidélité de la noblesse ; en effet, les immenses revenus des évêchés et abbayes sont majoritairement redistribués aux nobles. Ajoutons à cela que les évêques sont choisis sur des critères également politiques, ce qui en font des hommes du roi, autant que les intendants.

Le haut clergé ainsi gagné à la cause du roi s'efforce de contrôler le bas clergé, dont l'esprit d'indépendance religieuse et politique inquiète fréquemment le pouvoir.

D'une façon générale, le clergé tient une place essentielle dans la machine administrative et politique du royaume. L'on trouve par exemple de nombreux ecclésiastes de haut rang parmi les Conseils du roi et les divers Parlements.

Mais c'est surtout le bas clergé (curés et vicaires) qui relaye le pouvoir central au niveau local : le prêtre tient les registres d'état civil de la paroisse, reçoit parfois les testaments, s'occupe de l'école du village lorsqu'il y en a une, informe le peuple des grands événements du royaume (naissance ou décès de la famille royale, victoire remportée), sollicite du secours en cas de malheur (disette, épidémie…), veille à la morale et au respect des lois, informe l'intendant des éventuels problèmes locaux, invite la population à aider la justice laïque lors d'une enquête, etc.

2. Le protestantisme

La minorité protestante cohabite avec la majorité catholique du royaume. Non sans difficulté et malgré l'édit de Nantes, cette cohabitation se fait dans le mépris et l'intolérance réciproque, chaque communauté usant l'une envers l'autre de procédés hostiles voire violents, selon les forces dont elles disposent.

Cependant, le pouvoir, Richelieu en tête, s'efforce d'empêcher toute expansion du protestantisme dans le royaume, et prévient d'éventuelles alliances de ceux-ci avec des pays eux-mêmes réformés. Il est d'ailleurs à noter que les pays protestants usent des mêmes procédés à l'égard des catholiques à l'intérieur de leurs frontières.

Les huguenots, ainsi qu'on les appelle, sont réputés comme peu prompts au rire, sobres voire sinistres, habillés de noir et sans humour. En Angleterre, la montée du puritanisme ne fera qu'accroître cet état de fait.

3. Les juifs

En principe, il n'y a pas de juif en France, en vertu de l'édit d'expulsion datant de 1394, et renouvelé récemment, en 1615. Mais la réalité est bien différente : nombre d'entre eux vivent à Paris, munis d'autorisations individuelles de séjour accordées par le roi, ou tacitement tolérés par les autorités.

Il existe également une communauté grandissante dans le Sud-Ouest, qui a fui les persécutions espagnoles et l'inquisition et s'est installée principalement à Bordeaux et Bayonne. Ils vivent avec la permission du roi, qui les qualifie de « marchands portugais », et sont assujettis aux obligations catholiques. Cependant, la plupart d'entre eux continuent de pratiquer le judaïsme sans être inquiétés. Ces communautés prospèrent et ont un poids économique non négligeable.
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